Depuis sa création en 1949, le MRAP a été à la pointe de tous les combats contre les discriminations et le racisme.
Sa revendication centrale : l'égalité des droits entre tous les citoyens.
Les différentes activités
Le
racisme d'aujourd'hui prend des formes diverses et complexes, les
champs d'intervention pour le combattre doivent donc être multiples et
de différentes natures.
1. Le MRAP intervient sur le plan
juridique pour rappeler que le racisme (en actes comme en paroles)
n'est pas l'expression d'une simple opinion mais un délit sanctionné
par la loi D'une part, en déposant des plaintes et en se constituant
partie civile, il veille au respect de la législation contre le racisme
composée de Loi de 1972 -que le MRAP a contribué à faire voter par le
Parlement- renforcée par la loi de 1990. En 1996 par exemple, la
Fédération Nord / Pas-de-Calais a fait condamner des élus du Front
National à Lens et Dunkerque pour « provocation à la haine et à la
discrimination raciales ».
D'autre part, grâce à ses permanences
d'accueil , le MRAP aide les populations immigrées dans leurs démarches
administratives et défend les victimes d'actes ou de propos racistes.
De plus, le MRAP siège à la Commission Nationale Consultative des
Droits de l'Homme, qui établit chaque 21 mars un rapport sur le racisme
en France.
2. Conscient que le combat antiraciste
ne peut se résumer à une bataille juridique, le MRAP privilégie les
actions préventives « d'éducation à la citoyenneté » et développe un
« antiracisme de proximité ». Quand il n'est pas théorisé, et il l'est
rarement, le racisme exprime très souvent une souffrance. « Un raciste
est quelqu'un qui se trompe de colère » et le punir par la loi ne fait
qu'accentuer sa colère et son sentiment raciste. Dialoguer avec lui,
essayer de lui montrer le danger de son discours, l'irrationalité de
ses arguments et de ses analyses, est de notre point de vue une
démarche essentielle. Le raciste doit prendre conscience que derrière
ce qu'ils croient être des problèmes ethniques se cachent en réalité
desproblèmes sociaux.
En tant qu'Association d'Education
Populaire, le MRAP considère l'action pédagogique comme un axe majeur
de son combat contre le racisme et la xénophobie.
Chaque année, nos militants répondent à
des milliers de demandes d'information, participent à des débats,
colloques, conférences à l'initiative d'associations, syndicats,
municipalités, services jeunesse, missions locales, centres culturels
et sociaux, organes de presses, etc.
Bien entendu, la majorité de ces
actions préventives se fait en direction des élèves, car l'école reste
un des piliers de la construction de la personnalité et de la
citoyenneté. Le MRAP intervient ainsi chaque année dans environ 1500
établissements scolaires à la demande des enseignants, des parents ou
des élèves eux-mêmes, notamment dans le cadre de la Semaine nationale
d'Education contre le Racisme, autour du 21 mars. Nous participons
également, et de plus en plus souvent, à la formation des enseignants
et des éducateurs dans le cadre de la MAFPEN ou des IUFM.
Lors de ces interventions, ainsi que
lors de toutes nos manifestations culturelles, notre objectif reste le
même : briser les préjugés vis-à-vis de « l'Autre » et montrer que la
diversité est signe de richesse. Le MRAP dispose pour cela d'une solide
expérience et d'un matériel pédagogique qui a fait ses preuves :
expositions, brochures, cassettes vidéo, jeu de Loi ...
3. L'égalité des droits entre tous les citoyens reste la revendication centrale du MRAP.
Le MRAP milite pour que les étrangers
résidents fixés légalement, les jeunes nationaux issus de l'immigration
bénéficient de droits égaux à ceux des autres citoyens de France.
Chacun ne contribue-t-il pas aux activités économique, sociale et
culturelle du pays ? La citoyenneté est donc pour nous un concept
dynamique -le citoyen est un être en devenir- à l'opposé de celui de la
nationalité, fixé et figé à la naissance.
L'égalité à la Citoyenneté , cela
signifie bien entendu la lutte contre toutes les formes de
discrimination raciale dans tous les domaines : aux loisirs, à la
formation, à l'école, à l'embauche, au logement, etc. Après de longues
années de travail d'alerte du MRAP (notamment grâce aux « testings »),
la mise en place par l'Etat des CODAC (Commissions d'Accès à la
Citoyenneté), du Geld (Groupe d'Etude et de Lutte contre les
Discriminations) et du numéro 114 montre que les pouvoirs publics
reconnaissent officiellement le phénomène discriminatoire, ce « racisme
en actes ».
Désormais, le MRAP va centrer ses
efforts sur le terrain, à la rencontre des victimes et œuvrer pour
trouver des réparations adéquates. Mais ce combat se situe également
sur un plan politique : les discriminations les moins visibles mais
peut-être les plus graves consistent à priver certaines parties de
notre population de leur citoyenneté. C'est pourquoi le MRAP milite
sans relâche pour une régularisation globale des « sans papiers », mais
aussi pour le droit de vote des étrangers et la mise en place d'une
autre politique de l'immigration.
4. Le combat du MRAP est d'envergure
internationale. Reconnu par l'ONU qui lui a conféré un statut
consultatif, le MRAP participe à de nombreuses commissions en faveur
des Droits de l'Homme à New York ou Genève pour faire entendre et
respecter les droits des peuples et des individus. Mais notre activité
internationale se caractérise également par des actions concrètes de
solidarité : contre l'apartheid en Afrique du Sud, contre les procès
truqués aux USA comme celui du condamné à mort Mumia Abu-Jamal , pour
la paix entre Israël et la Palestine ou en Algérie... Pour le MRAP, la
lutte contre le racisme doit s'appuyer sur la conviction d'une vocation
de plus en plus marquée des peuples à converger vers un destin commun :
l'amitié entre les peuples.
Peut-on effectivement séparer les
problèmes de racisme « au Nord » et l'injustice croissante dans
laquelle est plongé « le Sud » ? Le combat du MRAP c'est donc également
celui contre les inégalités entre le Nord et le Sud. Les questions de
paix, de liberté d'installation et de circulation, de flux migratoires
ne pourront trouver de réponses globales, durables et réalistes que par
la suppression de ce terrible déséquilibre de richesses. Nous devons
pour cela commencer par annuler « la dette » des pays du Tiers-Monde.
La lutte contre le racisme est
fondamentalement liée à l'action pour l'amitié entre les peuples, et
vice-versa. C'est une seule et même valeur, que l'on peut appeler,
comme les philosophes des Lumières, « l'humanité des êtres humains ».
http://www.mrap.fr