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01 février 2011

Commentaires

PERSAN

On vient de lire en décembre 2009 sur un site officiel, sur la "toile" (web) :
« Appel à projets relatifs à l’occupation, la mise en valeur et l’exploitation de l’hôtel de la Marine, 2 rue Royale, place de la Concorde, 75008-Paris.
Magnifiquement situé sur la place de la Concorde, cet immeuble de prestige et d’exception à usage de bureau développe un SHON d’environ 24000 mètres carrés. ».
Cet appel avait le 17 janvier 2011 pour date limite de dépôt des candidatures. L'émotion que cet anormal délai avait causée l'a fait allonger. Certains avaient constaté que non seulement on bradait, mais que c'était à la sauvette.


L’hôtel de la Marine qui aurait vocation à compléter la Maison de l’Histoire de France, place de la Concorde à Paris en face de l’Assemblée nationale, dans un esprit de coordination avec une dizaine de musées historiques peut encore échapper aux appétits de ceux qui ne permettront pas au public d’être enfin au contact de l’histoire nationale dans les lieux où elle s’est tissée dès la fin de la monarchie… Il est indispensable que soit respectées in situ ses collections mobilières, qu’elles soient protégées de la dispersion, de toute forme d’aliénation et même qu’elles y soient regroupées puisque -depuis des années- une part de ce patrimoine a peu à peu été détournée des lieux où le public devrait être appelé à le voir.

Immeuble de bureaux, ainsi ce monument exceptionnel est-il dépouillé de son immense valeur historique, ainsi masque-t-on d'une formule trompeuse une situation qui se perçoit néanmoins au travers des lignes suivantes :
« Avec le regroupement de ses services centraux sur le site de Balard, à l’horizon 2014, le ministère de la Défense rend disponible à la vente la quasi-totalité de ses sites parisiens. Compte tenu de son caractère historique et architectural unique, l’Hôtel de la Marine reste lui dans le patrimoine de l’État et doit bénéficier d’une opération innovante de valorisation par un opérateur privé....» Eh ! Oui ! Il s'agit d'un des plus importants monuments historiques de Paris et comme on ne peut l'aliéner par une vente, on a choisi de le céder par le moyen d'un bail emphytéotique c'est-à-dire d'un bail de plusieurs dizaine d'années dont les termes donneront des droits inusités jusqu'ici par l' l’État !

Ainsi, la République française est si démunie qu’elle met son berceau en location ! Croyez-vous que l'exagère ? Lisez, si vous en avez le temps, les lignes qui suivent :

La République française va-t-elle enfin être débarrassée de son passé ? Le futur locataire de l’hôtel de la Marine aura tout son temps pour effacer toute trace de la Ière République que la Royale - pardon la Marine nationale - n’est pas arrivée à rendre tout à fait invisible dans le palais-musée construit sous Louis XV, où Louis XVI l’avait logée en décembre 1789.
En effet, la République est, depuis le jour de la première réunion de la Convention, liée à l’hôtel de la Marine. Vous n’en saviez peut-être rien… car il semble que cet édifice ait été très volontairement tenu à l’écart des hauts lieux de la République. C’est pourtant sa plus ancienne maison. C’est à l’hôtel de la Marine que le savant Gaspard Monge, ministre de la Marine et des Colonies, élu par l’Assemblée législative au soir du 10 août 1792, a été en situation de préparer la déclaration qui fit retentir pour la première fois les mots de « République française » devant la nouvelle Assemblée nationale.
Ni la salle du Manège où siégèrent les députés, ni celle où, aux Tuileries, s’installa ensuite la Convention, n’existent encore.

Quelles que puissent être les opinions, on doit à l'Histoire et qui plus est au public, que les débuts du régime républicain restent accessibles dans les lieux que l’administration centrale de la Marine libérera vers 2014. Non point dans les fameux salons que convoitent des gens pleins d’idées de « valorisation financière », mais dans bien d’autres parties de l’immeuble, totalement ignorées du public, bien qu’elles soient tout autant son patrimoine et qu'un élu de la nation a audacieusement dévalué de son caractère historique lors d'une déclaration récente.

Puis, sous la IIème République, c’est à l'hôtel de la Marine qu'un autre savant, François Arago, assisté de Victor Schoelcher, a préparé l’abolition de l’esclavage, établit le décret s’y rapportant et fait étudier sous l’autorité de Schoelcher les décrets d’application.

Enfin, parmi cent autres faits de la IIIème République, on peut inscrire qu'Édouard Lockroy, ministre de la Marine et créateur de l’École supérieure de Guerre navale, méditant face au site de l’exécution de Louis XVI, sur le lieu où avaient été dressés les procès-verbaux de ce sanglant événement, préconisait - en disciple fervent de Victor Hugo dont il avait été le familier - l’abolition de la peine de mort.

N'y a-t-il pas à méditer sur ces quelques indications ? Seraient-elles des preuves du mépris de quelques organismes financiers pour l'Histoire de France et tout particulièrement pour la République ?

PERSAN

Il est des parties de l'hôtel de la Marine que le public ne connaît pas et qui pourtant mériteraient de lui être ouvertes. Avant d'entrer dans son destin maritime, à la fin du XVIIIe siècle, au temps du Garde-Meuble de la Couronne, c'est-à-dire alors que ce splendide bâtiment était - de fait - le premier musée français des Arts décoratifs, un personnage intéressant, portant un nom indiscutablement breton, a résidé au 2ème étage dans un appartement d'une élégance remarquable.
C'était le baron Baude de Pont-l'Abbé qui fut, après le retour de Louis XVI à Paris et l'adoption de la Constitution de 1791, lieutenant-colonel de la garde constitutionnelle du roi. En dépit des menaces, il se trouvait aux Tuileries, auprès du souverain, le 10 août 1792.
L'appartement où il a habité possède encore ses boiseries du XVIIIe siècle. Mais la plupart des pièces ont été cloisonnées pour les besoins de l'administration. Néanmoins, son ancien salon fut l'objet d'une restauration en 1980-81, sous la direction de M. Christian Prévost-Marcilhacy, aujourd'hui Inspecteur général (H) des Monuments historiques. Il y a donc une trentaine d'années, tout ou presque avait été rétabli - dans cette pièce - selon les inventaires et descriptifs de 1788 et 1789 : Soieries tissées à Lyon pour la tenture des murs, à l'identique des fragments anciens retrouvés, moquette tissée à Aubusson sur les cartons d'époque, couverture des sièges en velours imprimé, dont la laine avait spécialement été teinte dans les couleurs connues..., tableaux des dessus de porte et peintures allégoriques rénovées à l'atelier de restauration du musée du Louvre,... sculpture des encadrements refaites et dorées sur les modèles anciens, etc... Ces travaux et leurs remarquables résultats n'ont pas bénéficié de la couverture médiatique d'opérations plus récentes. La Direction des Travaux immobiliers et maritimes avait assuré le suivi et le financement des travaux.
A titre de curiosité, je peux préciser que les devis pour réaliser une réhabilitation " en style moderne " de la pièce étaient alors plus élevés que ceux qui permirent d'y parvenir en restituant ce qui était en 1789.
Trente ans ont passé sans que soit poursuivie la remise en état du reste de l'appartement (pourtant envisagée par M. Bernard Collette, architecte en chef des Monuments historiques, alors chargé de l'hôtel de la Marine). Cet appartement tout à fait représentatif des années qui précédèrent la Révolution, est, comme tout le reste de l'immeuble, classé Monument historique. Malheureusement ces lieux qui témoignaient de la vie à Paris à la veille et pendant la Révolution sont voués à l'usage administratif et cela est un prétexte pour leur dénier une valeur historique !... Depuis les années 1980, plusieurs des entreprises qualifiées qui avaient accompli la restauration ont cessé leurs activités. Si l'on avait les moyens de refaire ce qui a été réalisé il y a trente ans, on serait très certainement dans l'impossibilité de le réussir, à moins de trouver en Asie des ateliers qui en aient la compétence.
Ce long message est pour vous alerter et vous détromper. On dit en effet que les excellents travaux de restauration, financés et exécutés grâce à l'entreprise Bouygues ont rendu à l'hôtel de la Marine sa splendeur d'antan. Sans rien renier de la gratitude que l'on doit à Bouyges, il convient de préciser que cette assertion - passablement diffusée par des médias bien intentionnés mais naïfs - est inexacte ! On cache volontairement ces faits pour de multiples raisons, dont la principale est que l'Etat veut éviter que le scandale d'aliéner l'hôtel de la Marine, en le concédant à un " repreneur ", soit encore plus grand si le public apprenait dans quel mépris il a tenu, si longtemps, un des monuments majeurs de Paris. On éblouit avec les ors et les lustres de quatre grandes pièces à vocation mondaine, alors que plusieurs dizaines d'autres, au très important intérêt artistique et historique, se trouvent hors du regard et sont privées depuis des décennies de l'entretien qu'elles auraient dû recevoir pour être ouvertes au public

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