Cette société a pour but de créer et d' organiser des jardins ouvriers et familiaux en faveur de ses adhérents en réservant,
en principe, la priorité aux familles les plus nécessiteuses. Elle se propose en effet :
1°) de rechercher des terrains libres et propres à la culture potagère, de s'en faire délivrer la libre disposition soit par location, soit par acquisition, dans les conditions fixées par la loi du 10 Novembre 1976, de les lotir et de les aménager
2°) de mettre des terrains à la disposition de ses membres à charge pour ceux-ci de les cultiver et d' en jouir pour les seuls besoins du foyer
3°) d' acquérir ou de louer tout immeuble nécessaire à son fonctionnement
4°) accessoirement, sans réalisation d' aucun bénéfice, d' effectuer toutes opérations se rapportant directement
ou indirectement à son but, telles que : achat et répartition d' engrais, de semences et d' outils, organisation de cours horticoles, etc..
Le 26 juin 1932, la presse saint -quentinoise était invitée à assister à la visite des jardins ouvriers ; nous nous sommes fait un plaisir et un devoir de répondre à cette invitation ?
Nous sommes revenus émerveillés par les résultats obtenus par cette société, qui cultive aujourd’hui 62 hectares et compte 1 865 adhérents. Par ce temps de vie chère et de chômage, la classe ouvrière est bien heureuse d' avoir ce petit coin de terre qui vient apporter un peu de ce don ne peut se passer un ménage : des légumes. M. Giffaut, l' actif secrétaire général de cette société, me déclarait que la moyenne de terrain donnée à chaque adhérent était de 3 a. 50 et que cela rapportait une moyenne de 1 400 à 1 500 francs par an ; ce n' est pas à dédaigner pour un ménage ouvrier, surtout si l' on ajoute que pendant que l' homme travaille son jardin il ne pense pas à aller à l' estaminet.
La Société des Jardins Ouvriers de Saint-Quentin, qui ne date que de peu d' années est, sans aucun doute, la plus prospère de France, c' est, en outre, une œuvre bien de saint-quentinoise , ne devant sa prospérité qu à l' effort continu des ouvriers de notre cité.
Cette société naquit au lendemain de la guerre, en 1920, sur l' initiative du Conseil Municipal.
A cette époque, le sol entourant notre ville était complètement bouleversé, plein de trous d' obus ; le travail de reconstruction était immense, parfois dangereux, puisque bon nombre d' ouvriers trouvaient la mort en remuant ce sol non encore désobusé. Il fallait pourtant que les ouvriers qui rentraient petit à petit puissent trouver de quoi s' alimenter.
Devant ce besoin, le conseil municipal, sur la proposition de son maire, M. Tricoteaux et de son adjoint, M. V. Devillers eut l' idée de créer un groupement de Jardins ouvriers. Cet appel fut entendu de 325 ouvriers et artisans à qui des terrains furent aussitôt loués.
http://pagesperso-orange.fr/jardins.familiaux.02/index.html